RWDM, Union, FC Liège, Olympic: les ancêtres du foot se rebiffent

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Message par Invité le Lun 17 Aoû - 19:02

Ils ont été enterrés mille fois. Leur retour a été annoncé au moins autant. La différence, cette saison, c'est qu'ils arrivent tous ensemble.

A Bruxelles, à Liège, à Anvers, à Charleroi, leurs supporters ont dû affronter les pires quolibets: le RWDM, l'Union Saint-Gilloise, le Football Club Liégeois, le Beerschot et l'Olympic ont traversé des décennies d'errance. Ils n'en sont pas vraiment sortis: aucun n'est en division 1, et aucun n'est près d'y revenir. Mais le vent commence à tourner.

Ils profitent un peu à leur manière de la mode vintage, et se posent en dépositaires de l'âme de leur ville. Dans leurs vénérables tribunes, les fidèles sont toujours là. Mais ils sont, de plus en plus, rejoints par les nostalgiques, jeunes et moins jeunes, d'un football prétendument disparu. Tous veulent que la saison qui commence soit la leur. Au moins autant que celle qui vient de se terminer, puisque chacun a pu fêter un titre (le FC Liège et le Beerschot, champions en promotion et l'Olympic, champion de première provinciale hennuyère), une promotion (l'Union Saint-Gilloise), ou une authentique résurrection (le RWDM).

Beerschot

Son dernier titre de champion de Belgique date de 1939. Et, formellement, le Beerschot a même disparu puisqu'en 1999 le matricule 13 était rayé des tablettes de l'Union Belge. Son héritier, le Germinal Beerschot, a à son tour été radié à la fin de la saison 2012-2013. Mais au Stade Olympique, on a le mauve coriace: avec le matricule des banlieusards du FC Wilrijk, un nouveau nouveau Beerschot s'aligne en première provinciale anversoise. En mars 2014, il est champion devant...12.000 spectateurs. L'année suivante, le Kiel fait plusieurs fois le plein, et voit les "Rats" empocher un deuxième titre consécutif. Très ambitieux, les dirigeants anversois ne veulent pas traîner. Leur stade est adapté à la division 1, leur budget également. Et le méchant esprit de leurs plus chauds partisans, lui, est d'un encore plus haut niveau.

FC Liégeois

Dans sa déchéance, le Football Club Liégeois, vainqueur en 1896 du premier championnat de Belgique de l’histoire, aura connu, cinq titres de champion et une coupe de Belgique plus tard, plusieurs résurrections, souvent suivies de rechutes. Les Sang et Marine, équipe de la bourgeoisie laïque alors que le Standard, lui, est né dans la jeunesse catholique, ont connu leur dernières heures de gloire dans les années quatre-vingt. Les deux décennies suivantes seront celles de l’errance, sportive d’abord, avec plusieurs descentes, mais aussi et surtout géographique, puisque le club n’avait plus d’enceinte depuis la destruction du Stade Vélodrome de Rocourt. Ses valeureux supporters sont passés par les divisions 2 et 3 et par la promotion, et par Eupen, Ans et Seraing. Mais cette année, les affaires reprennent, et très sérieusement. Champion de promotion, le FC Liège redécouvre la division 3. Et surtout, surtout, il a rejoué, pour la première fois depuis vingt ans, sur les hauteurs de Rocourt. On lui a construit, très vite, un petit stade provisoire et un terrain synthétique. Ils ne demandent qu’à grandir. 3 000 personnes, déjà, ont assisté au premier match de championnat.

Olympic de Charleroi

Au Pays Noir, l’ouvrier supportait l’Olympic alors que son patron penchait plutôt pour le Sporting. Et le club de la bourgeoisie a largement remporté ce match des classes : la dernière saison des Dogues au plus haut niveau du football belge date d’il y a quarante ans. Aujourd’hui, ceux qui restent s’en souviennent. Les autres, beaucoup plus nombreux, sont morts. Ils n’ont pas supporté les deux faillites et le concordat judiciaire qu’a dû affronter le vieux club de Montignies-Neuville. Failli, relégué en promotion, sauvé de la radiation au dernier moment par des investisseurs locaux aussi courageux qu’idéalistes –pour traduire : à Charleroi, ils étaient traités de fous-, puis même renvoyé en première provinciale pour de contestables motifs administratifs, il s’en est brillamment sorti l’an passé, fêtant son titre de champion devant plus de 3 000 spectateurs heureux. L’Olympic entame donc cette saison de promotion avec de grandes espérances. La revanche du prolétariat ?

RWDM

De l’autre côté du canal (au nord, car au sud, soit paraît-il du "bon côté", on était pour l’Union), on raconte que si le RWDM n’a pas duré au sommet du foot belge après son titre de 1975, c’est pour deux raisons. La première, c’est que le grand voisin anderlechtois, qui savait y faire, s’est échiné à tuer ce trop proche concurrent. La seconde, c’est que les commentateurs de télévision français ne voulaient plus avoir à prononcer ce sigle si peu parisien, ce qui fermait au club le chemin des coupes d’Europe. Qu’ils se fassent une raison, sur la Seine comme sur la Senne : le aIrouédéaime sera cette année sur scène, et pour du vrai, pas seulement dans les troupes de théâtre amateur. La radiation de 2002 avait bien laissé le stade Machtens à un successeur, le FC Brussels. Mais celui-ci a également disparu, en 2014. Retour à la case RWDM, donc. Qui lui-même agglomérait depuis 1973 plusieurs entités bruxelloises légendaires, le Daring, d’abord, historique rival de l’Union, le Racing White ensuite, lui-même agrégation du Racing Club de Bruxelles et du White Star de Bruxelles. Le RWDM, c’est une fusion-acquisition à la manière brusseleir. Un zinneke, quoi. Et le zinneke revient. Quelques joyeux fanatiques ont racheté un matricule de promotion, monté une équipe, et rameuté les supporters. Ils affichent déjà sept cents abonnés qui trépignent. Ils vont revoir leurs quatre lettres dans les colonnes d’un championnat national. Et sur la pelouse de leur stade.

Union Saint-Gilloise

Que n’a-t-on pas déjà dit, écrit, chanté, sur l’Union Saint-Gilloise ? Chacun connaît les meilleures répliques de Bossemans et Coppenolle, et tout le monde sait fredonner " L’Union qui sourit ". Nous dirons seulement ceci : il y a trace, dans les archives de la RTBF, d’une interview d’une supportrice de 86 ans, nostalgique des belles années de l’Union. Bref, du temps où Bruxelles brusselait. Cette pauvre madame Capersmidt pleurait déjà la perte lointaine de l’âge d’or (et de bleu)…en 1968. Le film n'est malheureusement pas encore numérisé. N'empêche: le vintage d’avant le vintage, c’est au Parc Duden que ça se joue.

Aujourd’hui, grâce à un règlement avantageux et à un président fantasque en plus d’être allemand, l’Union Saint-Gilloise, onze titres de champion (le dernier en 1935) et deux coupes (la dernière en 1914) au compteur, regoute au deuxième échelon national. L’équipe des kets de Bruxelles zwanze encore. Et son charme désuet ne laisse pas insensible la bourgeoisie bohème du Parvis de Saint-Gilles et d’au-delà.




Nostalgie.....

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