Ricardo Faty se confie: "Je déteste le mercato"

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Message par david le rouche le Mar 28 Juil - 10:42

Titulaire à Courtrai, Ricardo Faty ne sait pas de quoi son avenir sera fait.
Arrivé il y a un an en provenance d’Ajaccio, Ricardo Faty a connu une première saison en rouche sous le signe du contraste. Titulaire pour ses débuts, Faty a alterné le bon et le moins bon, perdant sa place au profit de Julien de Sart et de Eyong Enoh en seconde partie de saison.
Dès la fin de l’exercice précédent, le Sénégalais avait précisé vouloir demeurer à Sclessin. C’est donc déterminé que Faty a entamé la préparation 2015 sous le regard d’un nouveau coach qui pouvait lui accorder une nouvelle chance de briller.
Réalisant une bonne préparation et marquant des points aux yeux de Slavo Muslin, Ricardo Faty apprenait via la presse qu’il ne serait pas retenu en cas d’offre intéressante (propos tenus par le directeur sportif, Axel Lawarée). “J’ai été un peu surpris d’apprendre cela. Pour le moment, je pars du principe que je reste. Mais s’il faut partir, je partirai”, avait-il déclaré après le match amical à Amay.
Dans la foulée, sa participation au stage en Autriche avait même été remise en doute. Finalement, Ricardo Faty embarquait bien avec ses coéquipiers direction le stage estival au cours duquel il s’illustrait à nouveau en inscrivant l’unique but des siens contre Mönchengladbach.
Profitant du manque de rythme de Eyong Enoh, Ricardo Faty était donc titularisé samedi dernier à Courtrai. Malgré cette titularisation, le Sénégalais ne sait toujours pas de quoi son avenir sera fait.
“Le mercato n’est pas encore terminé et c’est une période que je n’apprécie pas trop. J’attends en travaillant sereinement. Le coach m’utilise et a besoin de moi que ce soit au milieu ou derrière. J’essaie de répondre présent pour l’équipe. Il reste encore un mois de mercato, on verra ce qu’il va se passer. J’ai toujours dit que j’étais bien au Standard.”
À l’heure actuelle, Faty n’a pas encore rencontré la direction liégeoise. “Il n’y a rien eu de spécial depuis la préparation. On est satisfait de moi et j’essaie de rendre la pareille. Si une offre intéressante arrive, on prendra le temps de discuter avec la direction.”


"Ma foi, c'est ma vie"

C’est sur les hauteurs de Plainevaux, à quelques kilomètres du centre d’entraînement du Standard que Ricardo Faty a élu domicile. La maison est spacieuse sans être tape à l’œil. Un peu à l’image du joueur, resté simple malgré des passages parmi plusieurs grands clubs. “Pour la maison, j’ai eu une chance monstrueuse”, lâche-t-il en riant. “Quand William Vainqueur a appris que j’arrivais au Standard, il m’a dit qu’il quittait sa maison. J’ai sauté sur l’occasion. Elle est parfaite pour ma famille.”
La famille, justement, est l’une des passions du Franco-Sénégalais. Père heureux de deux enfants, il passe le plus clair de son temps libre à la maison, aux côtés de sa femme.
À voir votre comportement avec votre femme et vos enfants, on saisit directement l’importance du cocon familial chez les Faty…
“Il n’y a rien de plus important. Je préférerai toujours leur confort, leur bonheur à une belle bagnole ou à une grosse montre. Je ne juge pas pour autant ceux qui dépensent leur argent autrement, chacun fait ce qu’il veut.”
Vous ne condamnez pas le football bling-bling ?
“Les gens ont des a priori sur les footballeurs car on les met en avant et on se nourrit de cela dans les médias. On aime cette image du joueur pas très cultivé et pourtant, ce n’est pas la réalité des choses. Attention, certains cultivent cela.”
L’image du gars trop gentil ne vous colle-t-elle pas à la peau ?
“C’est mon caractère. Je sais que les gens l’apprécient, mais je ne pense pas que ce soit une arme dans le football. On pourrait croire à un manque d’ambition ou de personnalité. Pourtant, sur le terrain, je peux jouer le rôle du méchant même si je n’allume jamais un gars pour le plaisir.”
Outre la famille, à quoi passez-vous vos temps libres ?
“J’aime beaucoup le cinéma, mais c’est de moins en moins faisable avec les enfants. J’adore voyager, découvrir. Mon plus beau voyage ? J’ai beaucoup aimé la Thaïlande et les Seychelles. Mon gros coup de cœur reste toutefois Dubaï. J’adore. J’y suis déjà allé cinq ou six fois et je me dis ‘pourquoi ne pas m’y installer après ma carrière?’ Ce pays me fascine. Il possède ce mélange unique de traditionnel et d’ancien. Tu peux être blanc, noir, athée, religieux, tu es vu de la même manière. Je me reconnais dans ce côté cosmopolite.”
Puis, c’est une culture à part…
“Je suis un dingue du monde oriental. Je lis beaucoup de choses à ce sujet afin de me forger ma propre opinion. Je lis aussi des trucs plus légers. Sur le football, entre autres.”
Quelle est la place de la religion dans votre vie ?
“C’est une partie de moi. J’ai été éduqué entre l’islam et le catholicisme. En grandissant, je me suis posé des questions et devenir musulman fut une évidence. C’était la direction à prendre. J’ai accroché à ce message, ce côté pragmatique. Il y a beaucoup de règles tout en laissant une certaine liberté.”
Quand a débuté cette réflexion ?
“Je devais avoir 13 ans. J’étais à Clairefontaine avec des juifs, des catholiques, des musulmans. On se posait des questions, on débattait comme des gamins pour savoir qui avait la meilleure religion. Plus tard, j’ai eu une introspection personnelle et je me suis mis à lire les textes. Cette période coïncide avec mon arrivée à Rome, berceau du catholicisme. J’y ai même pris des cours de catéchisme qui ont appuyé mon penchant vers l’islam.”
Votre foi ne vous a jamais gêné en tant que footballeur ?
“Non, car la religion peut avoir un côté flexible. Si je m’entraîne durant la prière, je la reporte. Je peux même regrouper deux prières si besoin. J’aime aller à la mosquée, mais ce n’est pas simple avec mon planning. Quand j’ai l’occasion de m’y rendre, je le fais avec joie. Cela permet d’échanger avec d’autres croyants. Certains ouvrent parfois de gros yeux quand j’arrive. Avec un prénom comme Ricardo, personne ne se doute que je suis musulman.”
Laissez-nous vous appeler Issa alors…
“Même si c’est mon nom musulman, personne ne l’utilise. C’est un clin d’œil à mon neveu. Ricardo ou Ricky, ça me convient très bien. Ou alors, appelez-moi Abou Yassir, ce qui signifie le père de Yassir, mon fils.”
Vous éduquez vos enfants comme des musulmans ?
“Un minimum, oui. Ma femme est croyante et ils nous voient prier. J’ai envie de leur enseigner un islam naturel, universel.”


"Je ne choisis pas un club pour le fric"

Ricardo Faty a toujours eu une certaine passion pour les cultures étrangères. Dans chaque pays, il a fait l’effort de prendre des cours de langue. “En fait, le lieu de vie importait énormément dans mes choix de carrière. Et ce, bien plus que l’argent. Rome en est le parfait exemple. Je n’y suis pas parti pour le fric mais pour le club et la culture. J’ai d’ailleurs rapidement appris l’italien. Je ne gère pas trop mal l’anglais. J’ai suivi des leçons d’allemand et je me débrouille encore un peu en grec. Si j’avais signé en Flandre, je me serais mis au néerlandais.”
Son prochain objectif linguistique est un peu plus complexe. “Je suis des cours d’arabe. Vu mon intérêt pour cette culture et pour la religion, cela me semble logique.”

S’il n’est pas féru d’économie, il n’a pu s’empêcher de prêter attention à la crise lors de son passage en Grèce. Il en garde des souvenirs mitigés, mais qui le font sourire. “Je me souviens avoir été bloqué super régulièrement par des manifs. Un jour, je devais passer chercher un colis dans un point de réception et je signale à un policier en moto que je me gare mal pour une seconde. Il m’a répondu qu’il s’en foutait car il ne bossait pas. Les forces de l’ordre faisaient grève, tout simplement. L’évolution des Champs-Élysées locaux m’a aussi frappé. Au début, tous se battaient pour y avoir un commerce. À mon départ, nombreux sont ceux qui avaient déposé le bilan.”
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