Mouscron divisé par le LOSC

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Message par Invité le Mar 14 Jan - 19:46

Pertes d’affluences, chants contestataires : l’ambiance n’est pas à la fête à Mouscron Péruwelz quand les résultats suivent moins comme lors de la fin de l’année 2013. L’influence du club français de Lille ne plaît pas beaucoup. Kick and Rush Magazine est parti à la rencontre de supporters pour sentir ce qu’il s’y passe.

Le Royal Mouscron Péruwelz existe depuis 2010. Quelques années après la disparition du très populaire Excelsior de Mouscron, la ville de la province du Hainaut a conclu des accords avec le RC Péruwelz. Le matricule 216 fut rebaptisé Royal Mouscron-Péruwelz et s’installa au Canonnier, à 50 kilomètres de distance du stade de la Verte Chasse de Péruwelz.

Lille prend le pouvoir

Après avoir réussi à s’extirper de la Promotion, le RMP s’est offert le titre l’année suivante en Division 3. Une nouvelle montée pour le club hennuyer, déjà aidé par les voisins français du club du LOSC puisqu’un partenariat a été signé en novembre 2011. Lille détient 51 % des parts du club, Mouscron garde le reste et peut voir son avenir assuré. Le LOSC tire les rênes, ce qui ne plaît pas au coach Philippe Saint-Jean qui montre son désaccord envers les directives du club. Après les deux montées consécutives, Saint-Jean, qui a fait revivre le foot à Mouscron, est démis de ses fonctions. Le Français Arnaud Dos Santos, ancien joueur, coach et dernièrement responsable du scoutisme de Lille, est nommé comme T1 à l’aube de la saison 2012-2013.

Avec un très bon John Jaïro Ruiz, attaquant costaricien prêté par le LOSC, le RMP va jouer les premiers rôles pour sa première saison en D2. Alors que les Côtiers d’Ostende se sont emparés du titre, Mouscron-Péruwelz dut jouer la montée en Pro League via le tour final où le Cercle de Bruges terminait en tête, pourtant à égalité de points avec le RMP.

Cette saison, les débuts sont très bons mais les Hennuyers perdent en puissance à l’approche de la trêve. Alors que la lutte est engagée avec Eupen, Westerlo et Saint-Trond, Dos Santos fait ses valises. Il est remplacé par Rachid Chihab, entraîneur de la CFA de… Lille. Une preuve que le club français s’engage vraiment pour voir le RMP en D1 : l’opportunité parfaite pour mettre en valeur les futurs joueurs prêtés. « Le partenariat sert à diminuer l’écart du saut entre la CFA et la L1, pour la post-­formation, nous déclare Thibault Cosandier, supporter lillois. D’autant plus qu’il y avait une réforme de la CFA et que la réserve risquait de descendre en CFA2 (NDLR : mais finalement ils sont restés en CFA et sont même premiers actuellement). Et ça permet aussi d’avoir une meilleure ouverture sur les espoirs belges: le LOSC ne pouvait mettre la main que sur les ­-16ans habitant à moins de 50km de Lille, alors que maintenant, ils peuvent dénicher des talents belges partout en Belgique en les affiliant au Futurosport avant leurs 16 ans. »
Chihab, c’est surtout le responsable du centre de formation de Lille. Il vient d’emmener avec lui trois joueurs de son équipe en CFA : le capitaine Pennacchio, le buteur Perez et le défenseur Peyre. « Il connaît parfaitement pas mal de joueur de l’effectif (Badri et Michel qui sont en prêt, Oukidja et Altama déjà passés par le centre de formation du LOSC, Pichot). Un choix qui semble logique oui, ajoute Thibault Cosandier. Sinon, il aurait fallu un entraîneur belge juste pour faire plaisir à certains, mais ce n’est pas la première préoccupation de la direction, et mouscronnoise et lilloise. »

Les Mouscronnois trahissent les Mouscronnois

Nous avons récolté un bon nombre de réactions provenant de supporters aux avis bien différents. Mais où toutes les déclarations se rejoignent, c’est à propos des actions de la direction mouscronnoise. C’est le terme trahison qui est employé. Un manque d’audace d’une direction effacée en fait. « Le projet qui devait amener 2-­3 lillois par saison s’est transformé en francisation totale du club. Tant en coulisses que sur le terrain, la place n’est plus aux Belges et encore moins aux jeunes Mouscronnois. Avoir été trahi par la frange mouscronnoise de la direction est un sentiment particulier », nous accorde Nikos Stanizlaw.

« Ils auraient du taper du poing sur la table pour imposer du Belge dans l’équipe. Seul problème : quand on approche un Belge, les agents savent que le LOSC est derrière pour l’argent et les prix flambent. Cependant , Lille n’impose rien. C’est la frange mouscronnoise qui ne s’occupe plus de rien. Même financièrement c’est le Lille qui assume quasi seul toutes les charges. Donc je veux bien que le LOSC parte mais encore faut­-il trouver une alternative pour apporter le budget nécessaire à la survie du club et du Futurosport », nuance un supporter qui préfère rester dans l’anonymat.

Comme certains qui se sont exilés à Dottignies, un petit groupe suit désormais les rencontres de Luingne, en troisième provinciale de Flandre-Occidentale. Le seul club près de Mouscron qui présente les vraies valeurs de la ville comme le pensent ces supporters. Un petit pourcentage certes, auquel il faut rajouter ceux qui ne se rendent plus du tout au Canonnier. « Il existe une grande majorité de mécontents ou de déçus (mais le mot est trop tendre…) qui tout simplement ont laissé « tomber les armes » et ont déserté le stade, déclare le supporter Guy Dufermont. Le résultat est plus que visible et de semaine en semaine les tribunes se vident. La direction essaie alors d’attirer du monde en offrant des places gratuites aux enfants des écoles de la ville et des prix plus que réduits aux parents qui les suivent. Le mal est profond à Mouscron, dû au fait que dès le passage des parts du club à 51 %, tout a changé. » En effet, l’assistance au Canonnier chute et est révélatrice. Parfois moins de 1000 supporters sont présents à domicile alors qu’il n’était pas rare d’en voir 4000 en D3.

Les regrets de l’époque Saint-Jean et du vrai Mouscron

Après la mort de l’Excelsior, les fans ont eu du mal à retomber amoureux d’un club. Mais petit à petit, ils se sont dirigés vers le RMP. Avec Philippe Saint-Jean aux commandes, le club avait une âme semblable à l’Excel mais ce n’est plus pareil depuis l’arrivée du LOSC. « On a tous eux ce sentiment de mensonge, on voulait juste un club mouscronnois avec des jeunes de la région sans être en D1 ou D2. La Promotion nous allait bien, on regrette tous cette époque », avance Kevin Berconte.

« Il n’y a pas d’anti­-lillois, mais que des pro-Mouscron. Hors Lille nous empêche de l’être en censurant toute les actions que l’on fait. À chaque match, gros ou petit, on a droit au plan « vigi­pirate » avec fouille au corps. Les banderoles sont devenues quasi interdites. On ne peut plus passer de message », se plaint Sébastien Vermeulen.
« Les gens ne s’identifient plus au club. Pas mal de gens en ont eu assez de la manière dont sont accueillis les spectateurs. Fouilles corporelles incessantes, aussi bien pour adultes que pour adolescents ou enfants en bas âge. Même les handicapés sont invités à se lever pour être palpés. Beaucoup se sont dit  » Trop is te veel » et à la moindre remarque on se fait insulter quand ce n’est pas interdit de stade », déclare Guy Dufermont, bien qu’un autre supporter nous informe que les objets dangereux interceptés lors des derniers contrôles n’aident pas.

Le LOSC indispensable à la survie du RMP

Sans l’arrivée du LOSC, les finances du club seraient certainement en très mauvaise santé. Ceux qui rêvaient de la D2 sans l’arrivée de Lille sont qualifiés d’utopistes. « La licence est déjà dans la poche, chose impossible sans le LOSC, qui gère de manière drastique le budget du club. Pour remonter dans la hiérarchie du foot belge, il fallait de l’argent. Et seul Lille pouvait en amener. Déjà en Promotion le club était en faillite. C’est le LOSC qui a bouché les trous. Custovic, Bétremmieux… payés par le LOSC. C’est bien de vouloir autre chose mais personne n’a les moyens de reprendre les 51% français. Le seul problème c’est que personne ne gère le sportif du côté mouscronnois, c’est là que le bat blesse. »

Thibault Cosandier confirme les moyens mis en place par Lille : « Ils ont mis 2 millions cette année pour accueillir les entraînements du RMP à Luchin et aussi pour y mettre des bureaux. Ça offre aussi la possibilité d’une éventuelle montée en D1, ce que pas mal de gens attendent. Ça permet aussi de répondre aux exigences de l’Union Belge et passer l’hiver au chaud, ce qui n’est pas le cas de la plupart des clubs de D2. »

Retrouver la D1 ou jouer plus bas avec l’âme mouscronnoise, voici les deux idées principales qui opposent tant les supporters. Tous cependant espèrent voir des jeunes du Futurosport prendre place dans une équipe trop bleu blanc rouge. Mais le LOSC ne semble pas prêt à lâcher le RMP après tant d’efforts. Un club qui devra tout de même faire attention à mieux considérer ses supporters, et non comme l’a fait le numéro 2 de Lille, Frédéric Paquet, en insultant les fans mécontents. Si l’ancrage local se perd, il ne restera plus que les Nordistes, pour suivre leur CFA bis.

Cet article est issu du cinquième numéro de Kick and Rush Magazine que vous pouvez lire en intégralité au lien suivant : www.kickandrushmag.be

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